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  • 0.53 Alose/h

1. Résultats globaux

Les données locales récoltées chaque année dans le cadre des suivis de la pêcherie amateur sont utilisés pour calculer des indicateurs locaux, destinés à suivre l’évolution de l’état de la population d’Aloses feintes de Méditerranée.

  Accéder à la page des indicateurs Alose  


AVERTISSEMENT : CPUE = Captures Par Unité d’Effort : unité permettant d’exprimer un ratio « d’efficacité » de la pêche, correspondant à un nombre de captures par rapport à un temps de pêche. On l’exprime en aloses/h. Cette unité permet de comparer des sites de suivi possédant des temps de pêche différents.

La représentativité de ce descripteur par rapport à l’abondance de la population migrante dépend à la fois des conditions de pêche (hydrologie, météorologie…) et du comportement des pêcheurs (couverture du territoire, amélioration de leurs techniques et de leur efficacité par rapport au début de cette pêche assez récente, partages d’informations sur la présence des aloses via les forums et réseaux sociaux…). Par ailleurs, certains sites sont trop peu fréquentés pour interpréter leur CPUE. Enfin, l’interprétation de ce descripteur ne peut se faire indépendamment de celui du suivi de la reproduction des aloses .

Le changement de réglementation intervenu en 2025 a rendu le carnet de pêche obligatoire. Ainsi, alors que jusqu’à présent le suivi était participatif sur la base du volontariat des pêcheurs qui remplissaient un carnet pour l’association MRM, les pêcheurs ont maintenant l’obligation de télécharger un carnet en ligne puis de le renvoyer aux services de l’Etat. L’OFB nous a par la suite transmis les données anonymisées afin d’alimenter les descripteurs de ce suivi qui perdure depuis la fin des années 90. Les données reçues en 2025 sont en deçà de ce qu’on aurait pu s’attendre pour une année où les conditions de pêche étaient bonnes sur l’ensemble du territoire. Le changement de réglementation, intervenu peu avant le début de la saison a potentiellement impacté l’activité et les retours reçus. 

La nouvelle réglementation reste en vigueur pour l’année 2026. Vous pouvez télécharger votre carnet de pêche via ce lien et retrouver l’ensemble des informations concernant ce changement ici.  


En 2025, les pêcheurs à la ligne ont déclaré 253 captures sur l’ensemble du bassin Rhône Méditerranée (dont 185 en aval de l’ouvrage de Sauveterre) pour un effort de pêche de 475,5 heures de pêche (dont 208 à Sauveterre), soit une CPUE globale de 0,53 aloses/heure. On note ainsi une baisse notable de l’activité de pêche par rapport à la moyenne de l’ensemble du suivi (2366 heures en moyenne entre 1999 et 2024), en lien avec une baisse globale de la pratique de la pêche à l’Alose, et probablement le changement de réglementation entré en vigueur en 2025. 

2. Résultats par site

2.1. RHÔNE ET AFFLUENTS

Sur l’ensemble du bassin, ce sont 205 aloses qui ont été capturées, entre le 02 avril et le 18 juin. Ce nombre de captures est alors bien loin de la moyenne de 1236 captures annuelles (moyenne de 1997 à 2024). Ces captures sont issues d’un effort de pêche de 283 heures dont une majeure partie (215 h) a été réalisée sur le deuxième étage, l’étage d’Avignon. La CPUE (Capture par unité d’effort) est alors de 0,72 aloses par heure, sachant que la moyenne de la CPUE sur les 29 dernières années est de 0,87 aloses par heure.  A noter que la vision est ici biaisée puisque 208h et 185 aloses ont été réalisés sur le site de Sauveterre. Ainsi, la participation au suivi ainsi que l’activité de pêche sont en baisse, néanmoins, les résultats présentés ici sont à mettre en lien avec un faible nombre de retours par rapport à une saison de pêche présentant de bonnes conditions de la pratique, probablement en lien avec le changement de réglementation.

Sur l’étage 1 du Rhône, 8 aloses ont été capturées à l’issue d’un effort de pêche de près de 57 heures (dont près de 22 heures sur le Gardon qui n’ont pas permis de capturer une alose). La CPUE résultante est alors de 0,14 (CPUE moyenne = 0,51 alose/h). Ces chiffres sont très faibles et difficilement interprétables en l’état. Combiné aux autres suivis réalisés, très peu d’informations « aloses » ont été obtenues sur le Gardon ce qui conduit à penser que les aloses ont été faiblement présentes sur ce secteur.

Sur l’ensemble de l’étage 2, un effort de pêche de 215,2 heures a permis la capture de 189 aloses, soit une CPUE de 0,87. Ce résultat est à mettre en perspective avec le fait que 185 aloses ont été capturés en 208,03 heures à Sauveterre (CPUE de 0,89). Seules 3 aloses ont été capturées en 4 heures de pêche sur la Durance (restitutions régulières au droit de l’ouvrage de Mallemort tout au long de la saison), et une alose a été capturée au niveau de la confluence Rhône-Ouvèze.

A partir de l’étage 3, des retours ont été reçus en provenance de la Cèze où 8 aloses ont été capturées en 4,17 heures. Ces aloses ont été capturées en aval de l’ouvrage de Chusclan et aucun retour ne provient de secteurs amont maintenant accessibles et colonisés par les aloses.

Sur l’étage 4, les retours indiquent seulement deux heures de pêches sur l’Ardèche, qui n’ont pas permis de capturer d’alose.

Sur l’étage 5, en 2025, tout comme les années précédentes, aucun retour ne nous est parvenu.


2.2. FLEUVES CÔTIERS

 

Sur l’Aude, l’année 2025 représente la pire année de la chronique avec 9 aloses capturées en 77h, soit une CPUE de 0,12. Le suivi de la reproduction a également donné de très mauvais résultats et de nombreuses questions sur ce fleuve se posent sans qu’il n’y ait pour le moment de réponse à apporter. L’année 2026 permettra de voir si la saison 2025 était un artefact ou bien le début de la chute de la colonisation du fleuve Aude par les aloses.

Sur le Vidourle, 9 aloses ont été capturées en près de 33h à Saint-Laurent d’Aigouze. Aucun retour ne provient de secteur plus en amont. Ces chiffres sont loin des années records sur le Vidourle. A noter qu’une crue survenue à la mi-mai est venue perturber la saison de reproduction des aloses.

Informations sur les autres côtiers :

Sur l’Hérault 22 aloses ont été capturées en près de 24,5 heures de pêche, menant la CPUE à une valeur de 0,9 aloses/h. Le site fréquenté par les pêcheurs est l’ouvrage de Bladier Ricard où l’ensemble des captures ont eu lieu. Ces données témoignent d’une accumulation des aloses au droit de l’ouvrage de Bladier Ricard, second ouvrage à la mer.

Sur la Têt, 7 aloses ont été capturées, 6 en aval du passage à gué de Villelongue la Salanque, 1 en aval du seuil du pont SNCF en 51 heures de pêches. Les aloses ont en 2024 pu accéder à l’ensemble du linéaire accessible.

Sur le Tech, une alose a été capturée en aval du Pont d’Elne, démontrant la colonisation de ce fleuve par l’espèce.

3. Protocole & modalités de calcul

Entre 1997 et 2024, ce suivi était rendu possible par la mobilisation volontaire des pêcheurs amateurs à la ligne. L’association MRM et certains de ses partenaires distribuaient chaque année des carnets de capture aux pêcheurs qui souhaitent participer. Chaque pêcheur renseignait pour chaque sortie le site de pêche, le temps de pêche et le nombre d’aloses capturées, y compris en l’absence de capture.

Le carnet est maintenant obligatoire, mais le calcul de la CPUE réside toujours sur le même principe. Il est basé sur le nombre d’aloses capturées par l’ensemble des pêcheurs sur un site donné durant la saison de pêche (avril à juillet selon les sites). Ce nombre est rapporté au nombre total d’heures de pêche de l’ensemble des pêcheurs, ce qui donne une capture par unité d’effort de pêche exprimée en nombre moyen d’aloses pêchées par heure.

4. Objectifs et stratégie de suivi

Le descripteur CPUE permet notamment, en complément du suivi de la reproduction, d’apporter des informations sur l’abondance de la population, sur la dynamique de colonisation du bassin et indirectement sur l’efficacité des travaux d’amélioration de la continuité. Il répond à l’orientation 3 du PLAGEPOMI qui vise à suivre l’évolution des populations à l’échelle du bassin.

Sur le Rhône, les données issues des différents sites de pêche sont regroupées en 5 étages, délimités par les grands aménagements hydroélectriques. Les points 1 (barrage de Beaucaire), 2 (barrage d’Avignon), 3 (barrage de Caderousse), 4 (barrage de Donzère) et 5 (barrage de Montélimar) présentés sur la carte en haut de page marquent les limites amont de chacun des étages de l’axe Rhône.

Sur les fleuves côtiers, seuls les pêcheurs de l’Aude aval et dans une moindre mesure du Vidourle, de l’Hérault et des fleuves côtiers des Pyrénées Orientales transmettent une quantité exploitable de données. Les retours de carnets de captures sont toutefois indispensables au suivi sur les autres côtiers car ils apportent une information précieuse sur la présence d’aloses.

5. Partenaires techniques de suivi

6. Rapports d'études

Il est expressément convenu que les informations et études disponibles demeurent, en tout comme par parties, propriété exclusive de la structure autrice et n‘entraînent donc strictement aucun transfert de droit, quel qu’il soit, en faveur du Contractant. Ces rapports et leurs contenus mis à disposition gratuitement ne peuvent pas faire l’objet d‘une valorisation commerciale, dans quelque contexte que ce soit.
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Axe Rhodanien :


Fleuves côtiers :