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  • 0.68 Alose/h

1. Résultats globaux


AVERTISSEMENT : CPUE = Captures Par Unité d’Effort : unité permettant d’exprimer un ratio « d’efficacité » de la pêche, correspondant à un nombre de captures par rapport à un temps de pêche. On l’exprime en aloses/h. Cette unité permet de comparer des sites de suivi possédant des temps de pêche différents.

La représentativité de ce descripteur par rapport à l’abondance de la population migrante dépend à la fois des conditions de pêche (hydrologie, météorologie…) et du comportement des pêcheurs (couverture du territoire, amélioration de leurs techniques et de leur efficacité par rapport au début de cette pêche assez récente, partages d’informations sur la présence des aloses via les forums et réseaux sociaux…). Par ailleurs, certains sites sont trop peu fréquentés pour interpréter leur CPUE. Enfin, l’interprétation de ce descripteur ne peut se faire indépendamment de celui du suivi de la reproduction (lien vers le suivi).


En 2021, les pêcheurs à la ligne ont déclaré 840 captures sur l’ensemble du bassin Rhône Méditerranée pour un effort de pêche de 1237 heures, soit une CPUE globale de 0,68 aloses/heure. La saison 2021 se caractérise par une baisse notable de l’activité de pêche par rapport à la moyenne de l’ensemble du suivi (2792 heures en moyenne). Cette baisse s’explique à la fois par les restrictions de déplacements liées à l’épidémie de Coronavirus, mais surtout par les conditions hydrologiques globales de l’année, qui ont été peu favorables à l’activité de pêche. Une crue généralisée a en effet impacté la quasi-totalité des axes de migration de l’Alose au mois de mai hormis sur l’Aude où la baisse drastique des débits début juin a rendu les conditions de pêche très difficiles.

2. Résultats par site

2.1. RHÔNE ET AFFLUENTS

Les données relatives aux différents étages de l’axe Rhône pour l’année 2021 sont synthétisées ci-dessous :

ÉTAGE 1 ÉTAGE 2 ÉTAGE 3 ÉTAGE 4 ÉTAGE 5
Captures 133 171 24 1 0
Effort de pêche 359h 201h 49h 26h 0
CPUE 0,37 0,85 0,49 0,04 0

 

329 captures (38 % du total des captures annuelles) ont été déclarées en 2021 sur l’axe Rhône, pour un effort de pêche de 635 heures, en baisse par rapport à la moyenne 2015-2019. Sur les deux premiers étages la capturabilité des aloses est faible par rapport à la moyenne de la chronique, en raison de conditions hydrologiques défavorables à l’activité de pêche en 2021, (204h contre plus de 1000h en moyenne pour l’étage 2). La conséquence de ces conditions particulières est une CPUE à la baisse sur les deux premiers étages : respectivement 0,37 aloses/heure, contre 0,63 en moyenne sur l’étage 1 ; et 0,85 aloses/heure contre 1,03 en moyenne sur l’étage 2.

Sur la Durance, 111 aloses ont été pêchés en 39h seulement (CPUE de 2,85 alose/heure). L’essentiel des captures a été réalisé en dehors des nombreuses restitutions du barrage de Mallemort. Cette observation, en lien avec le suivi de la reproduction, confirme l’intérêt de cet axe pour l’espèce. Sur le tronçon court-circuité , 44 aloses ont été pêchées (33 à l’aval du seuil de Bonicoli, sur le Gardon, 11 à l’aval du seuil de Beaucaire). Plus de 70% des captures ont eu lieu après l’épisode de crue. Notons cependant qu’après la crue, les débits sont restés élevés (notamment supérieurs à 400 m3/s une dizaine de jours sur la période de montaison). Cette voie de migration a donc été à la fois attractive et accessible en 2021.

A partir du 3e étage, les retours sont peu nombreux et l’effort de pêche est faible en 2021 : 7 pêcheurs ont assuré un effort de 49 heures de pêche et ont capturé 24 aloses, soit une CPUE de 0,49, légèrement inférieure à la moyenne de la chronique (0,58 alose/h). L’essentiel des captures provient de la Cèze, avec 45h de pêche sur le site de Chusclan, qui ont permis la capture de 23 aloses.

Sur le 4ème étage, l’effort a essentiellement été effectué à la confluence de l’Ardèche et demeure très faible : 26h pour une moyenne de 183h. Une seule alose a été pêchée sur cet étage.

Aucune capture n’a été recensée sur l’étage 5. Toutefois, malgré l’absence de captures, la présence d’aloses a pu être attestée grâce à des prélèvements d’ADNe réalisés par la CNR sur le Vieux-Rhône de Donzère à proximité des frayères naturelles de la grange écrasée mais pas en aval du barrage.


2.2. FLEUVES CÔTIERS 

Sur l’Aude, 162 aloses ont été capturées en 369 heures, soit une CPUE de 0,42 aloses/heure. Ce résultat est similaire à celui de l’année précédente, et dans la moyenne de la chronique (0,42). La majorité de cet effort de pêche a été réalisé au mois de mai, à l’aval de l’ouvrage de Moussoulens. En effet, la chute des débits observée au début du mois de juin a fortement compromis l’activité de pêche.
La CPUE est relativement stable sur l’Aude depuis 20 ans. Toutefois, depuis 5 ans, le nombre d’aloses capturées est bas en comparaison des années précédentes. Cette baisse peut être corrélée à une diminution de l’activité de pêche : les deux baisses étant proportionnelles, la CPUE se maintient globalement. Cette baisse progressive de l’effort de pêche et du nombre de retours de carnets constatée sur l’Aude met en évidence la nécessité d’intensifier le rapprochement avec les acteurs locaux de la pêche associative sur cet axe à fort enjeu pour l’Alose.

Sur le Vidourle, 323 aloses ont été capturées en 185 heures, soit une CPUE de 1,75 aloses/heure. Il s’agit du meilleur résultat de la chronique, très supérieur à la moyenne (0,68). Environ 75 % des captures et de l’effort de pêche ont été concentrés sur le site de Saint-Laurent d’Aigouze, entre avril et mai. La comparaison avec les années précédentes reste cependant délicate, car l’effort de pêche était jusqu’alors très faible (une trentaine d’heures de pêche par an en moyenne). Le résultat 2021 reste toutefois très encourageant. L’augmentation progressive des captures depuis 2018 confirme l’intérêt de cet axe pour l’Alose feinte de Méditerranée.

Informations sur les autres côtiers :

Des retours de pêcherie ponctuels (effort déclaré inférieur à 30h) sur d’autres côtiers apportent aussi des informations complémentaires à souligner

15 aloses ont été capturées en 16h de pêche sur l’Hérault, ce qui semble révéler une bonne capturabilité malgré faible effort de pêche.

6 aloses ont été capturées sur le Tech en aval du seuil d’Elne. Ces données constituent les premiers retours sur ce fleuve côtier depuis le début du suivi. Rappelons que ce cours d’eau est doté de nombreux habitats de qualité pour les aloses. Son régime hydrologique (apports nivaux, thermie plus froide que les autres côtiers) peut s’avérer être un sérieux atout de résilience de la population d’aloses feinte dans les années à venir (réchauffement climatique engendrant la baisse des débits et le réchauffement des eaux).

8 aloses ont été capturées sur la Têt dans la traversée de Perpignan. Ces retours sont réguliers depuis l’équipement du seuil du pont de Canet en Roussillon en 2015).

4 captures ont été rapportées en Corse sur le Tavignano

3. Protocole & modalités de calcul

Ce suivi est rendu possible par la mobilisation volontaire des pêcheurs amateurs à la ligne. Depuis plus de 20 ans, l’association MRM et certains de ses partenaires distribuent chaque année des carnets de capture aux pêcheurs qui souhaitent participer. Chaque pêcheur renseigne pour chaque sortie le site de pêche, le temps de pêche et le nombre d’aloses capturées, y compris en l’absence de capture.

Le calcul de la CPUE est basé sur le nombre d’aloses capturées par l’ensemble des pêcheurs sur un site donné durant la saison de pêche (avril à juillet selon les sites). Ce nombre est rapporté au nombre total d’heures de pêche de l’ensemble des pêcheurs, ce qui donne une capture par unité d’effort de pêche exprimée en nombre moyen d’aloses pêchées par heure.

4. Objectifs et stratégie de suivi

Le descripteur CPUE permet notamment, en complément du suivi de la reproduction, d’apporter des informations sur l’abondance de la population, sur la dynamique de colonisation du bassin et indirectement sur l’efficacité des travaux d’amélioration de la continuité. Il répond à l’orientation 3 du PLAGEPOMI qui vise à suivre l’évolution des populations à l’échelle du bassin.

Sur le Rhône, les données issues des différents sites de pêche sont regroupées en 5 étages, délimités par les grands aménagements hydroélectriques. Les points 1 (barrage de Beaucaire), 2 (barrage d’Avignon), 3 (barrage de Caderousse), 4 (barrage de Donzère) et 5 (barrage de Montélimar) présentés sur la carte en haut de page marquent les limites amont de chacun des étages de l’axe Rhône.

Sur les fleuves côtiers, seuls les pêcheurs de l’Aude aval et dans une moindre mesure du Vidourle transmettent une quantité exploitable de données. Les retours de carnets de captures sont toutefois indispensables au suivi sur les autres côtiers car ils apportent une information précieuse sur la présence d’aloses.

5. Partenaires techniques de suivi

6. Rapports d'études

Axe Rhodanien :


Fleuves côtiers :