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Un partenariat MRM / DREAL Auvergne-Rhône-Alpes

1. EFFECTIFS DE CIVELLES DANS LES PASSES-PIEGES

Au cours de la saison 2018-2019, 495 122 civelles ont été capturées dans la passe-piège du Grau de la Fourcade. Bien que nettement supérieur à l’année précédente (96 800 individus, le plus faible recrutement depuis la mise en place du suivi), l’effectif de civelles reste bas par rapport à la moyenne des 5 dernières années (1 541  individus) et confirme la tendance de recrutement à la baisse depuis le pic de 2013-2014.

La migration a démarré le 6 février, ce qui est plus tardif que les années précédentes (environ 1 mois de retard) malgré des sorties d’eau importantes au Grau de la Fourcade en décembre, attractives pour les civelles en mer. Le premier pic (250 000 civelles) a été enregistré entre le 1er et le 15 février.

La dispersion du panache d’eau douce du Rhône en mer n’a été favorable à l’attrait des civelles vers la cote qu’à partir de janvier (forts débits couplés à des vents du nord favorisant l’attrait d’eau douce en mer en direction de la Camargue) et les températures enregistrées au niveau de l’estuaire étaient inférieures au seuil de 6°C jusqu’au début du mois de février (température en dessous de laquelle on observe habituellement une baisse significative de l’activité migratoire des civelles).

Il est possible que l’accès à la passe piège ait été limité par le fonctionnement soutenu de la station de relevage des eaux pluviales de la commune des Saintes Maries de la Mer jusqu’au mois de février (il induit en effet des courants importants susceptibles de freiner la progression des civelles).

2. PROTOCOLE ET MODALITÉS DE CALCUL :

La passe-piège est constituée d’une rampe de reptation à brosses se terminant par un bac de piégeage de 200 litres où les civelles sont récupérées lors des 2 à 5 visites hebdomadaires.

Le suivi a lieu d’octobre à avril (période propice à la migration). Les civelles capturées sont séparées des anguillettes, puis pesées sans dénombrement. Afin de déterminer le poids moyen des individus et d’estimer ainsi l’effectif piégé, 6 sous-échantillons hebdomadaires de 30 civelles sont pesés. Elles sont ensuite rapidement relâchées dans l’étang de Vaccarès où elles poursuivront leur croissance.

Les effectifs de la dernière campagne sont comparés à la moyenne des effectifs des 5 saisons précédentes. Les variations annuelles d’effectifs sont considérées significatives si elles dépassent l’IC95. Dans le cas contraire, la tendance annuelle est considérée stable.

Ci-dessus : De gauche à droite, le bac de piégeage des civelles, la rampe de reptation en brosses, et la libération des individus après biométrie ( (C) MRM)

3. OBJECTIFS DE L'ÉTUDE ET STRATÉGIE DE SUIVI :

La pêche à la civelle est interdite en région méditerranéenne française. Avant 2003, on ne disposait d’aucune information sur le recrutement en civelles sur le bassin. Après une étude de faisabilité couvrant l’arc méditerranéen et la Corse, un classement des sites favorables pour l’installation d’une passe-piège à civelles a été établi. Le premier site retenu a été le Grau de la Fourcade dans le delta du Rhône où une passe-piège a été installée à l’automne 2003, avec un suivi à partir de janvier 2004. Intégrée au réseau de sites index du Plan de Gestion National de l’Anguille, la passe piège du Grau de la Fourcade est aujourd’hui le seul site fonctionnel pour le suivi du recrutement de civelles en Méditerranée.

Toutefois, l’entrée d’eau de mer dans l’étang du Vaccarès étant gérée par des vannes, l’entrée des civelles est conditionnée par leur gestion, ce qui peut donner une indication quelque peu biaisée des effectifs qui seraient recrutés en conditions naturelles. Dans le cadre du PLAGEPOMI 2016-2021, un nouveau site de suivi sur une connexion naturelle à la mer de l’étang de Bages-Sigean est en cours de test par l’Université de Perpignan.

4. PARTENAIRES TECHNIQUES DE SUIVI :