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Un partenariat MRM / DREAL Auvergne-Rhône-Alpes

1. Résultats globaux

Tous les sites de suivi de la reproduction sur le bassin du Rhône ont été suivis en 2019. En revanche, pour la deuxième année consécutive, le Vidourle (seul site de comptage sur les côtiers) n’a pas été suivi faute de maîtrise d’ouvrage.

Pour l’ensemble des sites du bassin du Rhône, l’activité de reproduction en 2019 a été plus importante que celle des 5 dernières années mais le nombre total de bulls reste faible par rapport à ceux observés au début du suivi (période 2002-2010). La tendance d’évolution à la baisse que l’on observe depuis le début des suivis semble se poursuivre en 2019 avec une diminution du nombre de bulls particulièrement prononcée depuis 2009 pour les fleuves côtiers. Pour le BV du Rhône il semble y avoir un début d’augmentation malgré des effectifs de bulls toujours faibles (< 300).

Concernant les différents sites du bassin du Rhône :

♦  La reproduction est observée sur l’ensemble des sites suivis dont l’Ardèche et le Vieux Rhône de Donzère, avec un gradient d’activité décroissant de l’aval à l’amont. Les débits moyens à faibles rencontrés d’avril à juin ont rendu les Rhône court-circuités peu attractifs, au profit d’un des chenaux usiniers des aménagements hydroélectriques, ce qui a favorisé le passage par les écluses de navigation (notamment grâce à la réalisation d’éclusages spécifiques pour les poissons réalisés par la CNR en période de migration de mars à juin). Les résultats du suivi de la pêcherie année semblent confirmer ce constat.

♦  Aucun bull n’est observé en amont des gorges de l’Ardèche sur le site observatoire de Salavas. Il semble que les aloses aient préférentiellement colonisé les parties aval de l’Ardèche, au détriment des sites situés les plus en amont. Peut être les géniteurs se sont ils arrêtés dans l’une des nombreuses frayères présentes dans les gorges ou alors ont-ils été bloqués au seuil de saint Martin d’Ardèche rendu potentiellement sélectif par la présence d’un atterrissement à l’amont de la passe à poissons ?

A noter aussi concernant les côtiers :

♦ Malgré l’absence de suivi de la station du Vidourle, des aloses ont été observées jusqu’en amont de la zone d’action prioritaire du PLAGEPOMI, ce qui laisse penser qu’elles se sont reproduites sur les frayères du secteur.

♦ L’observation de reproduction sur le fleuve Hérault.

2. Résultats par site

BASSIN DU RHÔNE

La Durance, le Gardon et la Cèze constituent les secteurs de reproduction suivis les plus actifs en 2019.

Avec 318 bulls extrapolés, la Durance maintient une activité de reproduction du même ordre de grandeur qu’en 2016, mais bien en deçà de 2015. Les débits y sont restés faibles voire limitants pour la reproduction tout au long de la saison (lame d’eau restreinte engendrant certains bulls avortés).

Avec 392 bulls extrapolés, le Gardon a connu une activité similaire à celle enregistrée en 2016. Toutefois, le manque de recul sur ces deux axes (3e et 4e années de suivi seulement) ne permet pas d’interpréter finement ces résultats.

Avec 278 bulls extrapolés à Chusclan sur la Cèze, le niveau d’activité observé semble légèrement augmenter depuis 5 ans (40 bulls en 2014, 60 bulls en 2015, 0 en 2016, 190 en 2017 et 72 en 2018), mais l’évolution n’est pas suffisamment significative pour être liée à un rétablissement de la population. Malgré des débits favorisant l’attrait du bras usinier de Caderousse et donc le passage vers l’amont du Rhône par l’usine-écluse, la Cèze a connu une hausse de débit à la fin du mois d’avril qui l’a rendue ponctuellement attractive, ce qui explique la présence de géniteurs et de reproduction.

Sur les sites de suivi plus amont du bassin rhodanien, l’activité de reproduction a été moins importante. La faible activité de reproduction sur le site du Vieux Rhône à l’aval du barrage de Donzère (7 bulls) s’inscrit dans la tendance des 10 dernières années avec très peu voire pas de reproduction observable. De plus, hormis une période d’une dizaine de jours en juin où le débit a augmenté significativement dans ce vieux Rhône (dans lequel conflue l’Ardèche), les faibles débits du Rhône en mai et juin 2019 ont plutôt été favorables à l’attrait vers le canal usinier de Bollène.

Aucun bull n’a été observé en amont des gorges de l’Ardèche sur le site de suivi de Salavas. Néanmoins, 72 bulls répartis sur 5 nuits d’activité (dont 1 avec 65 bulls) ont été observés en aval des gorges sur les sites de Sauze et Saint Martin d’Ardèche. Il est possible que les aloses aient préférentiellement colonisé la partie aval de l’Ardèche, notamment les gorges où le nombre de frayères potentielles est important.

LES FLEUVES CÔTIERS

En 2019 comme en 2018, le Vidourle n’a pas été suivi faute de maîtrise d’ouvrage. 24 bulls ont néanmoins été enregistrés en 3h le 3 juin à Saint-Laurent-d’Aigouze dans le cadre d’une prospection ponctuelle. Depuis 2015, avec l’amélioration de la continuité écologique (25 km colonisables), les aloses sont en mesure d’accéder à des frayères de qualité à l’amont de Marsillargues.

La capture d’alosons dans l’Hérault en aval de Saint Thibéry dans le cadre d’une étude spécifique atteste d’une activité de reproduction sur cet axe en 2019, ce qui est cohérent avec l’observation de géniteurs jusqu’au Moulin de Conas (prélèvements ADNe et observations visuelles).

3. Protocole et modalités de calcul

Le suivi de la reproduction de l’Alose sur le bassin Rhône Méditerranée est standardisé depuis 2014 afin d’harmoniser l’effort de suivi des différents partenaires techniques sur l’ensemble des sites. Il s’agit de dénombrer les bulls de 22h30 à 4h, une nuit sur deux pendant une période de 46 nuits entre avril et juin.

Le nombre de bulls sur la saison est ensuite estimé par extrapolation. Des travaux récents (Roussel, 2013) ont montré que le fait de prospecter une nuit sur 2 permettait d’observer environ 50 % des bulls. On considère que pour 10 bulls observés par des opérateurs, on a 10 bulls la nuit suivante. Il est cependant important de noter qu’en deçà de 100 bulls, la marge d’erreur de cette méthode peut aller jusqu’à 67 %. Il convient donc de considérer avec précaution les résultats correspondants.

L’activité de reproduction associée à ce descripteur est volontairement transcrite sous la forme d’un « nombre de bulls par saison ». L’estimation du nombre de géniteurs à partir des bulls n’est pas pertinente sur le bassin Rhône Méditerranée, en raison d’un nombre de bulls souvent insuffisant. De plus les formules existantes sont calibrées sur une espèce distincte, la Grande Alose (Alosa alosa), absente de la façade méditerranéenne.

4. Objectifs et stratégie de suivi

Seuls les bassins du Rhône et du Vidourle font actuellement l’objet d’un suivi. Les différents sites d’observation sont disposés sur la plupart des affluents majeurs du Rhône (Gardon, Durance, Cèze, Ardèche), en général à l’aval d’un obstacle bloquant.

Sur le Vidourle, le suivi est réalisé au niveau des deux premiers obstacles (seuils de Saint-Laurent d’Aigouze et de Marsillargues). Ce suivi a succédé à un programme d’étude spécifique à la migration et la reproduction des aloses, mené par MRM à partir de 2005.

Face à l’ampleur du territoire concerné par le suivi de la reproduction des aloses, MRM s’est entouré de nombreux partenaires, s’associant à des prestataires et des acteurs locaux possédant une connaissance précise des secteurs d’études.

Tous les sites de reproduction ne pouvant être suivis de façon quantitative tel que précisé ci-dessus (une nuit sur deux pendant 46 nuits), des prospections « qualitatives » sont réalisées sur certains sites en complément des stations identifiées dans le PLAGEPOMI. C’est souvent le cas sur l’Hérault et les secteurs amont du Vidourle, grâce à la mobilisation des acteurs et gestionnaires locaux.

 

5. Partenaires Techniques