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Un partenariat MRM / DREAL Auvergne-Rhône-Alpes

1. Résultats globaux


AVERTISSEMENT :
La représentativité de ce descripteur par rapport à l’abondance de la population migrante dépend à la fois des conditions de pêche (hydrologie, météorologie…) et du comportement des pêcheurs (couverture du territoire, amélioration de leurs techniques et de leur efficacité par rapport au début de cette pêche assez récente, partages d’informations sur la présence des aloses via les forums et réseaux sociaux…).
Par ailleurs, certains sites sont trop peu fréquentés pour interpréter leur CPUE. Enfin, l’interprétation de ce descripteur ne peut se faire indépendamment de celui du suivi de la reproduction (lien vers le suivi).
Même si les deux descripteurs sont complémentaires, celui de la reproduction reste in fine le plus pertinent pour évaluer l’état de la population puisqu’il caractérise la reproduction effective.


En 2019, les pêcheurs à la ligne ont déclaré 1771 captures d’aloses feintes sur l’ensemble du bassin Rhône Méditerranée, pour un effort de pêche de 2030 heures.  Malgré une hausse de l’effort de pêche par rapport à l’an passé (907 heures en 2018), la saison 2019 se caractérise par une baisse de 10% du temps de pêche par rapport aux 5 années précédentes (2112 heures en moyenne) et de plus de 40 % par rapport à l’ensemble du suivi (2792 heures en moyenne). Cette tendance s’explique par la baisse du nombre de carnets retournés, essentiellement en lien avec le vieillissement de la population de pêcheurs impliqués, avec seulement 84 carnets exploitables en 2019 contre une centaine habituellement.

La valeur de la CPUE (captures par unité d’effort) exprimée en nombre de captures par heure de pêche pour tous les sites confondus est de 0,87 alose/heure, valeur stable par rapport à la moyenne des 5 années précédentes (0,82 alose/heure), mais en hausse par rapport à 2018 (0,7 alose/heure). Après une remontée nette de la CPUE en 2014, les résultats de la pêche à la ligne tendent à redescendre sur les 5 dernières années.

2. Résultats par site

2.1. AXE RHÔNE

1469 captures (83 % du total) ont été déclarées en 2019 pour un effort de pêche de 1454 heures, effort en baisse de 10% par rapport à la moyenne des 5 années précédentes, mais en hausse par rapport à 2018 (907 heures) où l’hydrologie soutenue avait fortement limité les possibilités de pêche. La CPUE 2019 (avec 1,01 alose par heure) reste dans la moyenne des 5 dernières années (0,9 alose / heure en moyenne).

A l’exception de deux hausses de débit en février et mars, l’hydrologie de la saison de migration 2019 et la faiblesse des débits ont rendu les canaux de fuite des aménagements hydroélectriques beaucoup plus attractifs que les vieux Rhône car la majorité du débit était turbinée. Dans ces conditions, les aloses ont tendance à coloniser les secteurs amont du bassin en passant par les écluses des aménagements hydroélectriques où des éclusages à poissons sont effectués en période de migration sur les trois premiers aménagements (Beaucaire, Avignon et Caderousse).

2.1.1. ANALYSE PAR ÉTAGE

♦ ÉTAGE 1 : L’axe Gardon peu attractif en 2019.

L’attractivité de l’axe Rhône court-circuité – Gardon est liée aux crues du Gardon et aux surverses du barrage de Vallabrègues. Avec une unique crue modérée sur le Gardon le 26 avril survenue durant une période de surverses du barrage, cet axe semble avoir été peu colonisé par les aloses cette année. Cette faible attractivité peut expliquer la baisse de la CPUE du Gardon et du Rhône court-circuité en 2019 (respectivement 0,47 et 0,31 alose/heure) par rapport aux 5 dernières années (0,9 et 0,85 alose/heure).

♦ ÉTAGE 2 : Des captures importantes dans bras de Villeneuve et dans la Durance.

Les conditions de pêche 2019 contrastent beaucoup avec celles de la saison précédente qui était marquée par une pratique quasiment impossible de la pêche avec une hydrologie soutenue.

Sur
la Durance
, l’effort de pêche 2019 rend les résultats beaucoup plus exploitables qu’en 2018 (130 heures contre 1,5 heures en 2018). Les CPUE sont en hausse par rapport aux 5 dernières années (2,4 aloses par heure en 2019 ; 1,8 aloses/heure en moyenne).

L’Ouvèze,
affluent situé à l’aval du barrage de Sauveterre, a également enregistré une de ses meilleures années avec 42 aloses capturées et une CPUE de 0,67 alose/heure.

Les CPUE du bras de Villeneuve (1,72 aloses/heure à l’aval du barrage de Villeneuve et 3,09 aloses/heure à l’aval de l’usine écluse d’Avignon) sont largement supérieures à celles du bras d’Avignon (0,98 alose/heure à l’aval du barrage de Sauveterre). Les bas débits du Rhône ont été majoritairement turbinés par l’usine écluse, rendant le bras de Villeneuve plus attractif que le bras d’Avignon. La CPUE à Sauveterre reste néanmoins dans la moyenne des 5 dernières années (1,19 aloses/heure).

♦  ÉTAGE 3 : Le bras usinier de Caderousse plus attractif que le Rhône court-circuité et la Cèze

Avec une CPUE de 0,63 alose/heure, les résultats tous sites confondus sur cet étage sont proches de ceux des 5 dernières années (0,75 alose/heure en moyenne). Le port de l’Ardoise et l’aval de l’usine de Caderousse ne sont quasiment plus fréquentés par les pêcheurs (5 heures de pêche pour les deux sites). Malgré une crue de la Cèze au mois d’avril, les géniteurs ont été plutôt attirés par le canal de fuite de l’usine-écluse pour coloniser les secteurs amont, ce qui se retrouve dans les résultats de l’étage 4.

♦  ÉTAGE 4 : Donzère et Ardèche

En 2019, avec un effort de pêche supérieur aux 5 dernières années (77 heures contre 50 heures en moyenne) et la hausse des captures (78 contre 30 en moyenne), la CPUE sur l’Ardèche (1,01 alose/heure) est 2 fois supérieure (0,48 alose/heure en moyenne ces 5 dernières années). La limite de colonisation amont observée sur le bassin du Rhône via la pêche à la ligne s’établit sur le site de Sauze sur l’Ardèche et à l’aval de l’usine de Bollène (1 capture).

2.2. FLEUVES CÔTIERS

Sur le Vidourle, les captures (144 aloses) comme la CPUE 2019 (1,3 aloses par heure) sont en hausse en comparaison aux 5 dernières années (21 aloses en moyenne et 0,5 aloses par heure en moyenne). L’effort de pêche a également augmenté, mais le nombre de pêcheurs reste très bas avec seulement 4 pêcheurs, ce qui nécessite de considérer les résultats avec prudence.
Avec 35 captures à Villetelle, le secteur amont de la Zone d’action prioritaire du Vidourle a été colonisé pour la troisième année consécutive. En complément des 102 captures en aval du seuil de Saint-Laurent-d’Aigouze, l’ensemble de ces résultats confirme l’intérêt de ce fleuve côtier pour l’alose.

Les résultats sur l’Aude sont assez contrastés avec les tendances des autres fleuves côtiers. Bien qu’elles soient dans la moyenne basse des estimations calculées depuis le début du suivi,  les captures (158 aloses) comme les CPUE (0,3 alose par heure) 2019 sont en baisse par rapport aux 5 dernières années (en moyenne 295 captures pour 0,6 aloses par heure).  Des CPUE aussi basses n’avaient pas été observées depuis 2011.

3. Protocole & modalités de calcul

Ce suivi est rendu possible par la mobilisation volontaire des pêcheurs amateurs à la ligne. Depuis plus de 20 ans, l’association MRM et certains de ses partenaires distribuent chaque année des carnets de capture aux pêcheurs qui souhaitent participer. Chaque pêcheur renseigne pour chaque sortie le site de pêche, le temps de pêche et le nombre d’aloses capturées, y compris en l’absence de capture.

Le calcul de la CPUE est basé sur le nombre d’aloses capturées par l’ensemble des pêcheurs sur un site donné durant la saison de pêche (avril à juillet selon les sites). Ce nombre est rapporté au nombre total d’heures de pêche de l’ensemble des pêcheurs, ce qui donne une capture par unité d’effort de pêche exprimée en nombre moyen d’aloses pêchées par heure.

4. Objectifs et stratégie de suivi

Le descripteur CPUE permet notamment, en complément du suivi de la reproduction, d’apporter des informations sur l’abondance de la population, sur la dynamique de colonisation du bassin et indirectement sur l’efficacité des travaux d’amélioration de la continuité. Il répond à l’orientation 3 du PLAGEPOMI qui vise à suivre l’évolution des populations à l’échelle du bassin.

Sur le Rhône, les données issues des différents sites de pêche sont regroupées en 5 étages, délimités par les grands aménagements hydroélectriques. Les points 1 (barrage de Beaucaire), 2 (barrage d’Avignon), 3 (barrage de Caderousse), 4 (barrage de Donzère) et 5 (barrage de Montélimar) présentés sur la carte en haut de page marquent les limites amont de chacun des étages de l’axe Rhône.

Sur les fleuves côtiers, seuls les pêcheurs de l’Aude aval et dans une moindre mesure du Vidourle transmettent une quantité exploitable de données. Les retours de carnets de captures sont toutefois indispensables au suivi sur les autres côtiers car ils apportent une information précieuse sur la présence d’aloses.

5. Partenaires techniques de suivi