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Stade de développement

  • 0.7 Alose/h

1. Résultats globaux

En 2018, l’activité de pêche a considérablement diminué en raison des débits élevés, tant sur le bassin du Rhône que sur les fleuves côtiers (907 heures de pêche en 2018 contre 2 617 en 2017 et 2 111 en moyenne). Toutefois, les captures par pêcheur se maintiennent par rapport à 2017 au prorata du temps de pêche (0,70 aloses/h en 2018 contre 0,67 en 2017).

Après une remontée nette de la CPUE en 2014, le rendement de la pêche à la ligne a eu tendance à redescendre ces dernières années.

La limite amont de colonisation observée via la pêche à la ligne en 2018 sur l’axe Rhône s’établit à l’aval du barrage de Donzère. Aucun retour de carnet n’est disponible au-delà.

2. Résultats par site

2.1. AXE RHÔNE

En 2018 la saison de migration des aloses a été marquée par une hydrologie soutenue orientant les géniteurs sur les premiers affluents avals (Durance / Gardon / Cèze). Ceci se traduit par une CPUE historiquement forte sur le premier étage (Beaucaire : 1,45 ind/h) et en baisse rapide aux étages 2 et 3 (Avignon et Caderousse, respectivement 0,16 aloses/h et 0,62 alose/h).

 

En raison des forts débits, les sorties de pêches se sont avérées difficiles sur le Rhône. A l’aval du barrage-usine de Sauveterre (étage 2) qui était jusqu’à présent le site de pêche le plus important en termes de captures, l’effort de pêche est passé de 1 086 heures en moyenne à seulement 265 heures en 2018.Avec seulement 12 aloses capturées, la  CPUE de l’étage d’Avignon est la plus faible jamais enregistrée (0,05 aloses/h contre 0,65 en moyenne). Ce résultat est probablement imputable aussi en partie à la mise en service de la passe à poissons de Sauveterre en octobre 2017 (3183 aloses dénombrées par vidéo comptage).

Sur ce même étage, les restitutions quasi-continues de la Durance en période de migration ont rendu l’activité de pêche très difficile, avec un seul retour de carnet en 2018, alors que la CPUE habituellement importante sur ce cours d’eau rend le site très attractif pour la pêche.

 

2.2. FLEUVES CÔTIERS

Sur l’Aude le nombre de captures est historiquement faible en 2018. L’effort de pêche est divisé par 5 par rapport à 2017 mais la CPUE se maintient autour de 0,60 ind./h soit une stabilité sur la chronique de suivi de 8 ans.

Sur le Vidourle, le trop faible retour de carnets et le peu de sites pêchés limitent l’interprétation des résultats. L’effort de pêche se stabilise depuis quelques années à 35 heures. Toutefois, avec un nombre significatif d’aloses capturées, 2018 se traduit par une augmentation de la CPUE, passant de 0,43 (2017) à 1,24 ind./h. Il semblerait donc que la colonisation de ce fleuve côtier ait été relativement importante en 2018. Par ailleurs, le suivi de la frayère de Villetelle témoigne de la colonisation de l’ensemble du linéaire de la ZAP Alose du cours d’eau.

On note également pour la troisième année consécutive la présence d’aloses sur la basse Têt (observations visuelles) dans les Pyrénées-Orientales, témoignant du fort enjeu du territoire  pour la conservation de l’Alose feinte du Rhône.

 

 

3. Protocole & modalités de calcul

Le suivi est réalisé grâce à la participation volontaire des pêcheurs amateurs à la ligne. L’association MRM et certains de ses partenaires distribuent chaque année depuis plus de 20 ans des carnets de capture aux pêcheurs qui souhaitent participer. Chaque pêcheur renseigne pour chaque sortie le site de pêche, le temps de pêche et le nombre d’aloses capturées, y compris en l’absence de capture.

Le calcul est basé sur le nombre d’aloses capturées (cumul de tous les pêcheurs) sur un site donné durant la saison de pêche (avril à juillet selon les sites). Ce nombre est rapporté au nombre total d’heures de pêche (cumul de tous les pêcheurs) ce qui donne une capture par unité d’effort de pêche (CPUE) en nombre moyen d’aloses pêchées par heure.

Limites :

Basé sur la fréquence de captures des pêcheurs amateurs, la représentativité de ce descripteur est toutefois dépendante des conditions de pêche (hydrologie, météorologie…), mais également du comportement des pêcheurs (notamment la couverture spatiale du territoire par les pêcheurs). Certains sites sont trop peu fréquentés pour interpréter leur CPUE.

Rappelons que pour calculer une capture par unité d’effort, il est important de noter toutes les sorties, même celles infructueuses.

L’interprétation de ce descripteur nécessite de prendre en compte les résultats des suivis de la reproduction, les deux descripteurs étant liés.

4. Objectifs et stratégie de suivi

L’indicateur CPUE permet, en complément du suivi de la reproduction, d’apporter des informations sur la dynamique de colonisation du bassin, l’efficacité des dispositifs de franchissement, mais également l’abondance de la population.

Il répond à l’orientation 3 du PLAGEPOMI qui vise à suivre l’évolution des populations à l’échelle du bassin.

Sur le Rhône, les sites de pêche ont été regroupés en 5 étages délimités par les grands aménagements hydroélectriques.

Sur les côtiers, seuls les pêcheurs de l’Aude aval et du Vidourle dans une moindre mesure transmettent une quantité exploitable de données.

Les retours de carnets de captures sont toutefois indispensables au suivi sur les autres côtiers car la simple information de présence d’aloses est importante à démontrer.

5. Partenaires techniques de suivi