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Stade de développement

  • 158 Bulls (valeur extrapolée) en 2018

1. Résultats globaux

En l’absence de suivi quantitatif sur les côtiers en 2018, avec des données très partielles sur le Gardon (seulement 5 nuits de comptage sur 23 prévues) et des conditions d’observation très limitantes sur la Durance (nombreuses restitutions), le suivi de la reproduction des aloses 2018 ne permet qu’une vision partielle de la reproduction. Seulement 3 sites sur 5 ont bénéficié d’un suivi complet (la Cèze à Chusclan, l’Ardèche à Salavas, le Vieux Rhône de Donzère).

La tendance d’évolution observable sur les sites suivis depuis 2002 est une diminution très nette des nombres de bulls cumulés sur le BV Rhône (Donzère, Cèze et Ardèche), tendance qui semble aussi observée depuis 2008 sur les côtiers (voir graphique Vidourle). Les niveaux de reproduction sur les sites de suivis sont très faibles par rapport à ceux de la période 2002-2010.

En 2018 on retiendra :

•   La colonisation préférentielle des affluents rhodaniens les plus aval (Gardon/Durance/Cèze) comme c’est le cas lors des années à forte hydraulicité du Rhône : les bras court-circuités (non équipés de dispositifs de franchissement fonctionnels) étant plus attractifs par fort débit que les bras usiniers disposant d’écluses de navigation (avec manœuvres spécifiques pour les poissons migrateurs) ou de passe à poissons (Sauveterre), le blocage aval dans l’axe Rhône est important et les aloses colonisent plus les affluents.`

•   La Durance a été colonisée par les aloses malgré les régimes de restitution élevés (prospections ADNe + reproduction).

•   Très peu d’activité sur les sites de suivi à l’amont des 3 premiers aménagements hydroélectriques du Rhône malgré le passage de plus de 3000 aloses à la passe à poissons de Sauveterre (aménagement hydroélectrique d’Avignon), en grande partie liée au blocage important au niveau des barrages de dérivation (cf. ci-dessus).

•   En l’absence de suivi quantitatif sur le Vidourle, les quelques prospections nocturnes ont montré une nouvelle fois la colonisation des frayères du secteur amont de la Zone d’Action Prioritaire Alose.

2. Résultats par site

2.1. L’AXE RHÔNE

La Cèze et la Durance constituent les secteurs de reproduction les plus actifs parmi les sites suivis en 2018.

Avec 72 bulls comptabilisés sur la Cèze (valeur extrapolée) la reproduction de l’alose a retrouvé un certain niveau d’activité en 2017 (190 bulls) et 2018, notamment après une reproduction très faible voire inexistante sur ces frayères de 2011 à 2016. Le nombre de bulls est cependant relativement faible par rapport aux conditions favorables de l’année, les hauts niveaux du Rhône au printemps ayant favorisé l’entrée des aloses dans la Cèze (attrait du Rhône court-circuité et blocage au barrage de Caderousse).

En 2018, le suivi de la frayère de Fournès sur le Gardon n’a pu être intégralement réalisé en raison de problèmes rencontrés pour la prise de maîtrise d’ouvrage du suivi (seulement 2 nuits de suivi avec 0 et 11 bulls). La colonisation du Gardon par les aloses a été en parallèle confirmée par un prélèvement d’ADNe réalisé à la même période, ainsi que par les captures à la ligne.

Le comptage des bulls sur la Durance au seuil 68 a été contraint par des régimes de restitution particulièrement intenses et nombreux (débit rarement sous 200 m³/s). La reproduction a été observée l’unique nuit où les débits ont diminué en dessous de 100 m3/s (43 bulls comptabilisés le 21 juin, soit 86 bulls extrapolés). Les aloses étaient déjà présentes un mois plus tôt (détection par échantillonnage ADNe).

La Durance a donc gardé en 2018 une forte attractivité pour l’alose feinte malgré le régime particulièrement soutenu des restitutions.

Plus haut sur le bassin rhodanien, les frayères de Salavas (Ibie) sur l’Ardèche et du Vieux Rhône de Donzère n’ont pas donné de signes de reproduction malgré l’amélioration des conditions de franchissement de l’aménagement d’Avignon avec la nouvelle passe à poissons de Sauveterre. La forte attractivité des bras court-circuités qui ont orienté une partie importante des aloses vers le Gardon et la Cèze explique en partie ce constat.

 Sur l’Ardèche on constate depuis plusieurs années une baisse d’activité sur les frayères en amont des gorges. Les frayères de la partie aval (Piboulette, Saint-Martin d’Ardèche et Sauze) sont restées actives jusqu’en 2017 mais aucun bull n’y a été enregistré en 2018.

De même, la frayère de Donzère suit cette tendance avec seulement quelques bulls isolés depuis 2010.

 

2.2. LES FLEUVES CÔTIERS

En 2018, le Vidourle n’a pas fait l’objet de suivi quantitatif faute de prise de maîtrise d’ouvrage. Seules quelques prospections ponctuelles sur la zone amont de colonisation ont été réalisées (5 nuits de comptage).

Pour la 3ème année consécutive, ces prospections montrent l’attractivité du cours d’eau pour les aloses et la colonisation de l’intégralité de la Zone d’Action Prioritaire Alose, puisque 40 bulls ont été comptabilisés sur la frayère de Villetelle en 3 nuits. Depuis 2015 avec l’amélioration de la continuité écologique, les aloses sont en mesures d’accéder à des frayères de qualités situées à l’amont de Marsillargues soit un linéaire colonisable de 25 km.

 

3. Protocole et modalités de calcul

Le suivi de la reproduction de l’Alose sur le bassin Rhône Méditerranée est standardisé depuis 2014 afin d’harmoniser l’effort de suivi sur l’ensemble des sites. Il s’agit de dénombrer les bulls de 22h30 à 4h, une nuit sur 2 pendant une période de 46 nuits entre avril et juin. Le nombre de bulls sur la saison est ensuite estimé par extrapolation.

La donnée associée à ce descripteur est volontairement présentée uniquement sous forme de nombre de bulls par saison. L’estimation du nombre de géniteurs à partir des bulls n’est pas pertinente sur le bassin Rhône Méditerranée pour 2 raisons :

– nombre de bulls souvent insuffisant

– formules calibrées sur la Grande Alose.

La tendance est calculée en comparant la valeur annuelle à la moyenne des 5 dernières années. L’augmentation et la diminution sont considérées significatives si elles dépassent l’IC95. Dans le cas contraire, la tendance est considérée stable.

4. Objectifs et stratégie de suivi

Seuls les bassins du Rhône et du Vidourle sont actuellement suivis mais la mise en place d’un suivi complémentaire sur un côtier de l’est du bassin méditerranéen est actuellement à l’étude.

L’indicateur doit permettre de connaître les tendances d’évolution des populations dans le temps et l’espace. Il vise également à suivre la recolonisation des axes suivis et à évaluer la réussite des actions menées en faveurs de la libre circulation des poissons migrateurs.

Par conséquent, sur le bassin du Rhône, les sites de suivi sont disposés sur  la plupart des affluents majeur du Rhône (en général à l’aval d’un obstacle bloquant).

Sur le Vidourle, le suivi, qui se fait au niveau des deux premiers obstacles, a succédé  à un programme d’étude spécifique à la migration et la reproduction des aloses, mené par MRM à partir de 2005.

5. Partenaires Techniques