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Un partenariat MRM / DREAL Auvergne-Rhône-Alpes

1. Résultats globaux

Les suivis de la reproduction ont été effectués sur la plupart des sites hormis le Gardon à Fournès par manque de maitrise d’ouvrage. Cinq prospections ponctuelles ont néanmoins permis de montrer qu’il y a eu de la reproduction sur ce site.

En raison du contexte sanitaire, les suivis ont démarré au début du mois de mai. Sur la Cèze, la Durance et le Vidourle, les aloses étaient déjà présentes et actives (la température idéale pour la reproduction étant dépassée). Une partie de la reproduction a donc été manquée.

298 bulls ont été répertoriés sur l’axe Rhône cette année (hors Durance et Gardon), un résultat comparable à celui de l’an dernier, en légère hausse par rapport au milieu des années 2010, mais en très forte baisse par rapport au début des années 2000 (voir graphique). Les géniteurs ont également été actifs sur la Durance (aval seuil 68), la Cèze en aval de Chusclan, l’Ardèche en aval des gorges, le Vidourle à Saint Laurent d’Aigouze et l’Aude à l’aval de Moussoulens. Ça n’est malheureusement pas le cas sur les sites plus amont comme l’Ardèche en amont des gorges, le Vieux Rhône de Donzère et l’Aude à Saint Nazaire où aucun bull n’a été observé. La répartition de l’activité de reproduction, en lien avec des forts débits enregistrés cette année, permet de mettre en évidence un schéma de migration amont sur cet axe.

Bien que le nombre total de bulls soit globalement faible sur les côtiers par rapport aux années 2010, (112 bulls), les observations de terrain permettent de confirmer l’intérêt de plusieurs axes pour la reproduction (Aude et Vidourle notamment).

2. Résultats par site

BASSIN DU RHÔNE

Sur la Durance, le suivi a été réalisé du 4 mai au 9 juillet. Au total, 65 bulls ont été observés soit 130 bulls extrapolés. Ce résultat semble faible comparé aux années précédentes, mais représente tout de même 30 % du total des bulls observés sur le bassin rhodanien cette année. De plus, des bulls ont été comptabilisés dès la première nuit de suivi. La reproduction a donc probablement démarré avant cette date. Il faut également noter l’interruption du 10 mai au 19 juin en raison de l’important débit de restitutions des eaux de Serre-Ponçon (supérieur à 200 m3/s). De fait, le nombre total de bulls a donc certainement été sous-estimé. Ces différentes observations semblent confirmer le fort enjeu en termes de reproduction de l’Alose sur le bassin versant de la Durance.

Aucune activité n’a été observée avant le 23 juin, mais les géniteurs sont restés actifs jusqu’à la dernière nuit de comptage du 9 juillet. Sur l’ensemble de la saison, aucun bull n’a été observé au-delà de 110 m3/s et les aloses ont visiblement attendu des conditions hydrologiques plus favorables pour se reproduire, ce qui explique les bulls observés tardivement. Bien que les conditions de comptage soient limitantes en période de restitution, ces résultats confortent l’hypothèse qu’elles influencent l’activité de reproduction.

Sur la Cèze, 298 bulls extrapolés ont été observés à Chusclan. Il s’agit a priori du site de suivi ayant montré la plus forte activité de reproduction cette année. Cette attractivité peut potentiellement s’expliquer par les hausses de débit printanières, mais aussi par les déversements réalisés au niveau du barrage de Caderousse. Le suivi a été réalisé du 4 mai au 20 juin 2020. La température eau est restée favorable à la reproduction durant toute la période de suivi (> 16°C). Après plusieurs années de très faibles résultats sur ces frayères entre 2011 et 2016, il est encourageant de constater un léger regain d’activité de reproduction depuis 2017. Les aloses semblent avoir déserté la Cèze suite à l’épisode cévenol du 13 juin (98 m3/s) puisqu’aucune activité ni même aucune alose n’a pu être observée ensuite

Sur l’Ardèche, le suivi s’est déroulé du 11 mai au 29 juin. Aucun bull n’a été observé sur la frayère de Salavas-Ibie en amont des gorges. Ce résultat s’inscrit malheureusement dans la continuité des années précédentes : une activité de reproduction très faible, voire inexistante depuis 2013 (aucun bull cette année-là, 14 bulls en 2014, 24 en 2015 et 1 en 2016). Bien qu’un pêcheur à la ligne ait capturé une alose à Vallon Pont d’Arc, la frayère de Salavas-Ibie semble désertée et les 10 nuits de prospections sur les frayères amont jusqu’au seuil de Sous-Roche n’ont pas fourni le moindre indice de présence. Les problèmes de franchissement de la passe à poissons du seuil de Saint Martin d’Ardèche peuvent expliquer ce constat, mais cette année, seulement une nuit d’activité a été observée (21 mai, 11 bulls sur la frayère de Sauze) parmi les 23 prospections réalisées à l’aval des seuils de Sauze et de Saint Martin d’Ardèche.

L’attractivité de l’Ardèche et plus largement du Vieux Rhône de Donzère a été probablement limitée au regard des débits (débit réservé au barrage sur la quasi-totalité de la saison). Comme les années précédentes, ces résultats montrent que la représentativité des sites suivis sur l’Ardèche nécessite d’être mieux appréhendée car la pêcherie à la ligne et des observations visuelles permettent d’attester de la présence des géniteurs sur l’Ardèche.

Sur le Vieux-Rhône de Donzère, aucun bull n’a été observé durant le suivi (11 mai au 30 juin), mais les opérateurs ont aperçu quelques aloses sur les frayères naturelles du vieux Rhône qui a donc été colonisé. L’activité de reproduction reste très faible voire inexistante sur ce site, malgré des conditions thermiques favorables. Le Rhône usiné a probablement été plus attractif, d’autant plus que la présence de l’Alose a été détectée par un prélèvement ADNe sur le Vieux Rhône de Montélimar (étage situé au-dessus de Donzère).

LES FLEUVES CÔTIERS

Sur le Vidourle, les aloses étaient visiblement présentes dès le 7 avril en amont de Marsillargues (observations visuelles). Le suivi n’a cependant pas pu débuter avant 11 mai 2020 sur la frayère de Saint Laurent d’Aigouze située plus en aval. La reproduction avait logiquement déjà démarré (6 bulls dès la première nuit de comptage). Seulement 64 bulls extrapolés ont été comptabilisés jusqu’au 10 juin, ce qui reste bien en deçà de l’activité des années précédentes (400 à 500 bulls entre 2015 et 2017, et plus de 1000 bulls par saison de 2008 à 2010), mais il est fort probable que l’essentiel de l’activité ait eu lieu avant le démarrage du suivi puisque les informations relatives à la pêcherie à la ligne sont au contraire très encourageantes. De plus, les géniteurs ont désormais accès aux secteurs amont de la ZAP Alose. Des aloses ont été une fois de plus observées à l’aval de Villetelle, limite de la ZAP. Sachant que tous les obstacles sont équipés, la stratégie de suivi sur le Vidourle nécessite d’être étudiée. Il semble particulièrement intéressant de connaître le comportement de reproduction sur les frayères de Villetelle.

Sur l’Aude, bien qu’aucune station de suivi quantitatif ne soit identifiée au PLAGEPOMI, les acteurs locaux (FDAAPPMA de l’Aude, Service Départemental 11 de l’OFB, coordonnés par l’Association MRM) se sont mobilisés pour réaliser 10 nuits de comptage du 5 mai au 16 juin. Cela a permis d’observer 81 bulls (valeur non extrapolée) à l’aval du seuil de Moussoulens. Ces résultats confirment l’intérêt de l’Aude pour la conservation et le suivi de la population d’aloses feinte de Méditerranée.

3. Protocole et modalités de calcul

Le suivi de la reproduction de l’Alose sur le bassin Rhône Méditerranée est standardisé depuis 2014 afin d’harmoniser l’effort de suivi des différents partenaires techniques sur l’ensemble des sites. Il s’agit de dénombrer les bulls de 22h30 à 4h, une nuit sur deux pendant une période de 46 nuits entre avril et juin.

Le nombre de bulls sur la saison est ensuite estimé par extrapolation. Des travaux récents (Roussel, 2013) ont montré que le fait de prospecter une nuit sur 2 permettait d’observer environ 50 % des bulls. On considère que pour 10 bulls observés par des opérateurs, on a 10 bulls la nuit suivante. Il est cependant important de noter qu’en deçà de 100 bulls, la marge d’erreur de cette méthode peut aller jusqu’à 67 %. Il convient donc de considérer avec précaution les résultats correspondants.

L’activité de reproduction associée à ce descripteur est volontairement transcrite sous la forme d’un « nombre de bulls par saison ». L’estimation du nombre de géniteurs à partir des bulls n’est pas pertinente sur le bassin Rhône Méditerranée, en raison d’un nombre de bulls souvent insuffisant. De plus les formules existantes sont calibrées sur une espèce distincte, la Grande Alose (Alosa alosa), absente de la façade méditerranéenne.

4. Objectifs et stratégie de suivi

Seuls les bassins du Rhône et du Vidourle font actuellement l’objet d’un suivi. Les différents sites d’observation sont disposés sur la plupart des affluents majeurs du Rhône (Gardon, Durance, Cèze, Ardèche), en général à l’aval d’un obstacle bloquant.

Sur le Vidourle, le suivi est réalisé au niveau des deux premiers obstacles (seuils de Saint-Laurent d’Aigouze et de Marsillargues). Ce suivi a succédé à un programme d’étude spécifique à la migration et la reproduction des aloses, mené par MRM à partir de 2005.

Face à l’ampleur du territoire concerné par le suivi de la reproduction des aloses, MRM s’est entouré de nombreux partenaires, s’associant à des prestataires et des acteurs locaux possédant une connaissance précise des secteurs d’études.

Tous les sites de reproduction ne pouvant être suivis de façon quantitative tel que précisé ci-dessus (une nuit sur deux pendant 46 nuits), des prospections « qualitatives » sont réalisées sur certains sites en complément des stations identifiées dans le PLAGEPOMI. C’est souvent le cas sur l’Hérault et les secteurs amont du Vidourle, grâce à la mobilisation des acteurs et gestionnaires locaux.

 

5. Partenaires Techniques

6. Rapports d'études